Ton Style-Léo Ferré

"Les Derniers jours du monde" est un film français...Bizarre. Tout d'abord cela est étrange que j'aille voir une telle production au cinéma. Et puis, bizarre...Avec cette histoire de fin du monde, la succession et un drôle agencement de scènes abracadabrantes...

Pourtant, j'ai retenu une chose.
La fin.
Une musique.
Une voix m'entrainant dans l'abysse de mes tripes. A presque faire plonger mon esprit dans la bile noire...Je la connaissais cette voix ou du moins j'ai appris à bien la connaitre. Elle me fait frémir. Pas d'effroi, non...Elle m'a fait frémir de vie.

# Posté le dimanche 13 septembre 2009 17:50

Songe d'été

Songe d'été
Un homme...Un lit...Il veille...Un sourire au coin, celui du diable...La lumière laisse peu de place à quoi que ce soit. Ce visage là, je ne le connais pas, et est assez indescriptible, un peu difforme, oui rien que pour ça, on dirait que je ne veux pas te connaître. Ta chaise te sied bien, n'est-ce pas? Tu poses tes yeux là où tu sembles avoir une emprise. Au moins tu as envahie. C'est déjà ça, ce n'est pas donné à tout le monde. Tu en as conscience? De ce soleil qui tape en dehors de cette pièce, la lumière se transforme pourtant en ombre par cette grande fenêtre, par cette séparation opaque, et pas des moindres. Des fois, les rayons passent, et j'adore leurs dévoiler ma face. Cela me réchauffe l'âme, rien est mauvais sous cet astre brûlant.

Et moi? J'ai ma place dans cette pièce. Dis? Ha...Je ne suis pas là, en fin de compte. Éternel absent. Vieux cliché de merde. Vieux cadavre nauséabond. Je te foutrais bien un coup de savate à ce boulet crasseux. Et là je pourrai faire des putains de sauts, en le fracassant avec mes mains en sang. Tu as une cigarette? Pour que je sorte enfin dehors. C'est la saison des poisons tu sais...Ce n'est pas si grave. Je ne vais pas en crever, de cette mortelle fumée.

Pourtant me voilà bien impliqué. Oui, je crois qu'il n'y a plus rien à refouler. J'ai tout emmagasiné dans ma chair, dans mon c½ur en pâture à n'importe quoi. Une habitude d'un drôle de candide. J'aime les rues, les déchets, les sacs plastiques qui volent. Et je fais attention à tout. Mais c'est tout de même con, la rue. Puis, je m'évade. J'aime ça on dirait. Je prends enfin les choses en étant plus serein. Illusion. A force d'imaginer la vie des autres, je n'arrive pas à construire la mienne, celle dont j'ai envie d'avoir.

Tu es toujours là? Non, attend tu viens de me jeter un regard? Tu dois avoir les yeux dans le vide, alors. Non je ne suis pas là. Je te laisse. Je sors, discrètement, sur la pointe des pieds. Oula!? Ton oreille se tend des ondes qui sortent de ma bouche toute tremblante? Et si je criais? T'en penses quoi? Pour que j'en éclate des tympans! Un cri d'homme des cavernes...Ouais comme dans Le cercle des poètes disparus...tu connais tout toi, et très intelligent avec ça. Bien voilà que tu te mets à me parler...Pouah, je comprends que tu ais besoin de temps pour avoir conscience des autres et de ce qu'ils te demandent. Je ne fais que passer. J'ai vu. Vous êtes vraiment beaux. Tu sais ça m'écorche de le dire. Vraiment.

Aïe! C'est quoi cette poignée? Elle est parée de ronces. Quel étourdi, tu fais vraiment gaffe à rien. Et voilà, je les ai vraiment en sang maintenant! Et j'en fous partout. C'est la meilleure partie de l'histoire mes amis. Y'en a vraiment partout, sur les draps et les oreillers. Tant qu'à faire, je le disperse, ce produit écarlate que l'on pourrait utiliser afin d'obtenir des peintures.

Bon je peux m'en aller maintenant...Comment ça pas par cette porte? Oh, c'est ton entrée à toi, comme un Grand Alexandre triomphant. Tu veux que j'aille par où dis moi, t'as l'air de tout savoir... La fenêtre? Et ses éclats? Non mais attends je viens déjà d'en perdre quelques litres. Je ne savais pas que des ronces pouvaient être si meurtrières. Je comprends pourquoi le Christ s'en est allé avec une couronne d'épines sur la tête. Bon, c'est haut? Non, mais elle donne sur la rue...Ah non...Pas la rue...Du moins pas celle là. Je n'aime pas son bitume, c'est tout. Me dis rien, à tes yeux je n'existe pas. Continue, tu es bien là. Oui, je t'assure. Regarde-toi. Regardez-vous, belles créatures. Moi je ne suis qu'un loup, aux chaussettes blanches. C'est mignon ou ridicule, cela dépend des goûts.

Je suis fatigué. Je vais me coucher. Et arrêter ce stupide rêve. Oui tu n'es qu'un songe du gland. Irréel. Je ne sais pas qui tu es, juste un écho qui vient de l'est. Mais tu me fais quand même bien vibrer. Je ferme les yeux et tu ne seras plus là. Un souvenir fabriqué de toutes pièces par mon cerveau. J'appelle les divins aigles. C'est bon, je suis réveillé. Même pièce...même sourire au coin...

# Posté le jeudi 27 août 2009 04:48

Modifié le jeudi 27 août 2009 15:23

Billie Holiday

Imaginez un homme noir pendu à une branche, frappée par un lourd soleil...
Ils devraient en faire une énorme statue à Washington. Foutre ce spectre face aux visages déchiquetés au couteau rouillé; un outil souillé par la terre du pays le plus démocratique au monde! Une terre arrosée par des jets de sang. Et non par le biais d'un simple arrosoir. Un canon à neige serait des plus approprié, pour cet étrange fruit.


STRANGE FRUIT

Lewis Allen

Southern trees bear a strange fruit,
Blood on the leaves and blood at the root,
Black body swinging in the Southern breeze,
Strange fruit hanging from the poplar trees.

Pastoral scene of the gallant South,
The bulging eyes and the twisted mouth,
Scent of magnolia sweet and fresh,
And the sudden smell of burning flesh!

Here is a fruit for the crows to pluck,
For the rain to gather, for the wind to suck,
For the sun to rot, for a tree to drop,
Here is a strange and bitter crop.

# Posté le jeudi 20 août 2009 17:42

Cluster One

Au niveau de l'ambiance purement spatiale, Richard Wright était un grand.
Il est ici accompagné de la guitare de Gilmour, fidèle à sa transe tranquilisante.
Les deux musiciens nagent simplement dans la pure alliance du piano et de la guitare.

Cluster One, de l'ultime album The Division Bell.

# Posté le mardi 16 juin 2009 17:56

un musicien parle

un musicien parle
« J'ai passé ma vie à essayer d'obtenir de ma Fender Stratocaster toutes les couleurs et les inflexions de la voix humaine. Je voulais détruire l'image insupportable du guitariste électrique qui saoule le public par d'interminables solos nombrilistes truffés de notes et d'effets de style vides de sens. Je me voyais plutôt comme un peintre du son, un fabricant de paysages sonores abstraits. »

David Gilmour

Pour vous en rendre compte, c'est ici ou :

# Posté le mercredi 13 mai 2009 17:28

Modifié le mercredi 13 mai 2009 17:53